L’Etat de la sécurité alimentaire dans le monde – rapport 2014

ParAmadou

L’Etat de la sécurité alimentaire dans le monde – rapport 2014

Comme chaque année, trois organisations des Nations Unies (FAO, PAM et FIDA) publient « L’état de la sécurité alimentaire dans le monde », un rapport plein d’informations utiles, mais qui a tendance à nous bercer d’illusions d’après Materne Maetz, ancien responsable de la FAO et animateur du blog lafaimexpliquee.org. Tout en réaffirmant le rôle central de la volonté politique de combattre la faim, le rapport ne creuse pas assez dans cette direction.

 

Annonce de l’atteinte de l’OMD : douce illusion ?

Les estimations du nombre de personnes souffrant de la faim sont effectivement en diminution depuis la crise alimentaire de 2008. Toutefois, le rapport est excessivement optimiste quand il affirme que l’Objectif de Développement du Millénaire (OMD) visant à diminuer de moitié la proportion de la population mondiale sous-alimentée entre 2000 et 2015, sera atteint.

Selon les projections, l’écart à l’objectif fixé sera certes relativement faible (+ 1,1 %, soit 80 millions de personnes) mais il faut prendre ce résultat avec un peu de recul : la méthode de calcul a été révisée rétrospectivement et les chiffres ne montrent même plus le pic du nombre de sous-alimentés qui avait été largement diffusé dans la presse en 2008-2009.

Plus inquiétant encore, lorsque l’on regarde les chiffres absolus et non plus les proportions, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation chronique n’a été réduit que de 14 % (- 124 millions de personnes) entre 2000-2002 et 2012-2014, ce qui est très loin de l’objectif qui avait été fixé lors du premier Sommet Mondial de l’Alimentation en 1996 de diminuer ce nombre de moitié ! Voilà qui démontre le rythme très lent des progrès accomplis.

En Afrique, le rapport parle du «modeste progrès», se référant à une réduction de la proportion des personnes souffrant de sous-alimentation chronique de 25 % en 2000-2002 à 21 % en 2012-2014 (et une réduction de seulement 0,4 % de cette proportion entre le pic de la crise alimentaire et aujourd’hui). Pire, encore, le nombre absolu de personnes souffrant de sous-alimentation chronique en Afrique a  augmenté de presque 18 millions de personnes pendant la période considérée (10 millions depuis le pic de la crise alimentaire !). Des situations semblables sont aussi observées en Océanie et au Moyen Orient.

 

A problème politique, réponse toujours technique

Cette année, le rapport présente toute de même des nouveautés avec un chapitre sur des expériences pays en vue d’en tirer des leçons. Une des leçons qui ressort fortement de ce chapitre est que l’engagement politique est un préalable indispensable. Exact. Mais l’idée que la faim est un problème politique, plutôt que technique, est largement reprise aujourd’hui sans que la façon d’envisager la lutte contre la faim ne soit modifiée.

Dans le domaine du développement agricole, l’approche proposée reste fondée sur une agriculture intensive utilisant une grande quantité d’intrants agricoles qui pourtant s’est avérée non durable et hors d’accès pour la plupart des paysans pauvres souffrant de sous-alimentation. Plutôt que de promouvoir ce type d’agriculture, les trois organisations romaines devraient conseiller aux gouvernements de rechercher, d’adopter et de promouvoir des techniques agricoles plus durables et accessibles. Telechargez le document en cliquant ci-dessous.

situation sécurité alimentaire -2014

À propos de l’auteur

Amadou administrator

Laisser un commentaire